Présidentielle 2012—10 candidats, 10 ambitions pour l’Education

10 04 2012

Quelle place pour l’Education dans cette campagne présidentielle ? Cet article offre une vue d’ensemble des projets pour l’Education que proposent les dix candidats. Les projets sont présentés dans l’ordre alphabétique des noms des candidats : Nathalie ArthaudFrançois BayrouJacques CheminadeNicolas Dupont-AignanFrançois HollandeEva JolyMarine Le Pen, Jean-Luc MélenchonPhilippe Poutou et Nicolas Sarkozy. Pourquoi parler de la campagne sur ce blog i-teach-english ? Parce que l’enseignement d’une discipline ne peut pas se faire en-dehors de considérations plus globales touchant le système éducatif dans son ensemble. Chacun pourra ainsi se faire une opinion. 

NATHALIE ARTHAUD EDUCATION

Nathalie Arthaud—© MARTIN BUREAU / AFP

Au-delà du manque de moyens de l’Éducation natio­nale, la trans­mis­sion des savoirs et de la culture se heurte aux limi­tes pro­pres à toute société de classe.

Suivant que l’on soit enfant de pauvre dans un quar­tier popu­laire ou un enfant de famille riche et culti­vée, on ne part pas dans la vie avec les mêmes chan­ces. Les enfants des clas­ses pri­vi­lé­giées héri­tent des connais­san­ces, des codes, du voca­bu­laire et de la culture de leur famille. Les enfants des clas­ses popu­lai­res ne peu­vent sou­vent comp­ter que sur l’école pour les acqué­rir.

Après la démo­cra­ti­sa­tion for­melle des décen­nies pré­cé­den­tes, l’Éducation natio­nale subit un immense retour en arrière que la crise aggrave. Les enfants qui ne font pas deux vrais repas par jour sont de plus en plus nom­breux, comme ceux qui errent avec leurs parents d’héber­ge­ment en héber­ge­ment. De plus en plus de lycéens tra­vaillent et assu­ment les dif­fi­cultés maté­riel­les de la famille avec leurs parents.

Alors l’Éducation natio­nale, à elle seule, ne peut pas faire contre­poids à la misère maté­rielle et aux iné­ga­li­tés cultu­rel­les. Pour cela, il faut chan­ger la société de fond en comble.

Si on ne peut pas ima­gi­ner que l’éducation soit un réel droit pour tous dans cette société capi­ta­liste injuste et iné­ga­li­taire, se pose le pro­blème de se battre pour que l’éducation vise à com­pen­ser un tant soit peu les iné­ga­li­tés.

La poli­ti­que de sup­pres­sion des postes dans l’Éducation natio­nale, menée depuis cinq ans, conduit à sacri­fier l’éducation de la jeu­nesse défa­vo­ri­sée car il faut que dans les quar­tiers popu­lai­res, l’école puisse se faire en petits grou­pes. Il faut que les clas­ses soient moins nom­breu­ses.

Avec de petits effec­tifs, d’autres liens, d’autres rap­ports de confiance peu­vent se nouer entre l’ensei­gnant et les élèves, à com­men­cer par ceux qui sont en dif­fi­culté. Il faut s’occu­per davan­tage des enfants qui ne maî­tri­sent pas la langue fran­çaise parce que ce n’est pas leur langue mater­nelle ou parce que leurs parents, eux-mêmes, la maî­tri­sent mal. Il faut s’occu­per davan­tage des enfants dont les parents n’ont pas eu la chance d’aller à l’école.

N’ayant pas acquis à l’école les bases de la langue, ni les com­por­te­ments sociaux, de plus en plus d’enfants se retrou­vent en échec sco­laire. Au bout du compte, ils per­dent le goût d’appren­dre, ils ne sup­por­tent plus le col­lège ou le lycée. Et le gou­ver­ne­ment cher­che tout sim­ple­ment à s’en débar­ras­ser quand il veut les orien­ter pré­co­ce­ment – dès la cin­quième – vers l’appren­tis­sage, au pré­texte qu’ils ne sont pas faits pour les études ! Ce qui revien­drait à les livrer à l’exploi­ta­tion sans même leur offrir le mini­mum de culture que peut appor­ter le lycée.

Il faut donc recru­ter des ensei­gnants et les former cor­rec­te­ment. Il faut en mettre davan­tage dans les quar­tiers popu­lai­res, dès la mater­nelle, pour éveiller l’inté­rêt et la curio­sité des enfants dès le plus jeune âge. Les postes d’ensei­gnants spé­cia­li­sés pour l’aide aux enfants en dif­fi­culté doi­vent être réta­blis. Il faut tra­vailler en petits grou­pes dans toutes les écoles où cela est néces­saire.

FRANÇOIS BAYROU >INSTRUIRE 

François Bayrou—REUTERS/GONZALO FUENTESL’ECOLE DE LA REUSSITE. Elle repose sur quelques certitudes. L’enseignement valide, c’est celui qui unit l’acquisition de connaissances solides à l’épanouissement personnel. L’un est l’appui de l’autre. C’est dans l’expérience, le savoir-faire, l’humanité des maîtres que se situe, dans le premier et le second degré, le gisement de progrès de l’éducation. La clé de l’égalité des chances, à l’école comme dans la vie, c’est la langue : elle est la priorité car elle donne accès, en même temps, à l’univers des connaissances, des sentiments et de la création. Enfin, la valorisation méthodique des aptitudes est la condition de la mise en confiance, de l’estime de soi des élèves.

·       Ecrire un Contrat de progrès entre l’école et la nation qui garantira le maintien des moyens et précisera les objectifs que la nation assigne à son école.
Exclure la violence de l’école et refaire du respect la règle entre élèves et enseignants, dans la classe comme dans la cour de l’école.
Définir les méthodes pédagogiques par l’évaluation des résultats : ce n’est ni au gouvernement ni au président de la République de trancher des méthodes d’apprentissage, c’est à la classe, au résultat effectif, à condition qu’aucune méthode ne se voie exclue pour raison idéologique.
Fixer comme objectif la maîtrise de la lecture et de l’écriture à l’entrée au collège. Si l’élève est en défaut, une pédagogie adaptée doit lui permettre de reconstruire son rapport à l’écrit.
Faire débattre le Parlement du principe des programmes et de leur lisibilité.

·       Maintenir le nombre d’enseignants, ainsi que le décret qui définit leur statut.
Défendre les concours de recrutement nationaux qui sont la voie la plus républicaine et la plus légitime pour sélectionner les enseignants du second degré.
Reconstruire une année de formation des enseignants, en alternance avec exercice dans la classe et transmission de l’expérience d’autres enseignants.
Rendre l’évaluation des enseignants plus objective, en réservant la notation pédagogique des enseignants à des évaluateurs expérimentés.
Mettre fin aux surcharges administratives.
Donner aux chefs d’établissement des possibilités nouvelles, par exemple recrutement direct des remplaçants, gestion des volumes d’heures pour organiser des soutiens individualisés ou en petit groupe.

·       Pour les élèves : consacrer 50 % du temps de travail à l’école primaire à la langue française.
Faciliter le repérage précoce des difficultés psychoaffectives.
Limiter l’emploi du temps des élèves à 28 h maximum en reconstruisant les rythmes scolaires.
Penser le nombre d’élèves par classe en fonction de la réalité de la classe, selon un principe simple : à classe difficile petit nombre d’élèves, à classe équilibrée et de bon niveau, plus grand nombre d’élèves.
Réorganiser le temps scolaire pour favoriser les activités artistiques et la créativité intellectuelle.
Rétablir l’enseignement de l’histoire-géographie en Terminale S autrement que comme une option.
Organiser les devoirs dans le cadre de l’établissement sous la surveillance de tuteurs, d’enseignants de l’établissement s’ils le souhaitent, d’enseignants à la retraite ou le plus souvent d’étudiants qui recevront une bourse pour se familiariser ainsi avec l’enseignement.
Créer des collèges « hors les murs » pour les élèves en échec, avec des pédagogies adaptées pour permettre une reconstruction et le retour, s’ils le souhaitent, à la voie classique.
Informer les élèves sur ce qu’ils ne maîtrisent pas, par exemple, les codes de comportement, d’habillement, de langage…

·       Pour les parents : créer des écoles associatives de parents, pour aider ceux qui ont des difficultés à accompagner leur enfant.

·       Permettre aux élèves de l’enseignement professionnel de découvrir les métiers, à travers une information sur les métiers tout au long du collège, la découverte des entreprises et des chantiers.
Développer l’apprentissage et l’enseignement en alternance.
Développer l’e-learning.

·       Ouvrir les établissements scolaires en dehors des heures de cours à la demande d’éducation de la société.

·       Réfléchir à l’organisation d’un baccalauréat d’excellence littéraire et scientifique, parce que l’obligation à choisir entre littéraire et scientifique pour un certain nombre d’élèves est un choix trop difficile.
Refonder l’articulation entre secondaire et supérieur en repensant la Terminale comme une véritable préparation à l’entrée dans l’enseignement supérieur.
Créer une Agence nationale de l’orientation qui dise la vérité aux jeunes au moment où ils s’engagent dans une formation en fournissant les chiffres réels de ce qui les attend à la sortie.

JACQUES CHEMINADE EDUCATION

Jacques Cheminade—REUTERS/Pascal Parrot

Depuis plus de vingt ans, l’environnement de l’école s’est dégradé. Les vocations d’enseignant refluent. L’école ne sait pas gommer les différences dues à la naissance ou au lieu d’existence. Elle ne parvient pas à prendre en compte les changements des modes de vie : accès à la toile, rupture entre les métiers des années récentes et ceux d’aujourd’hui. Bref, c’est le droit à l’avenir qui est en cause. L’éducation que je défends est celle qui concourt à l’émancipation des individus et à la formation d’une capacité de jugement indépendante qui doit s’articuler tant sur le développement des capacités intellectuelles que sur la formation du caractère et du sentiment. C’est une condition sine qua non pour que le peuple accède à une éducation du plus haut niveau possible, lui permettant de comprendre les enjeux cruciaux de son époque et d’agir en conséquence, au sein d’une économie qui assure un développement mutuel harmonieux et suscite des emplois qualifiés.

MES PROPOSTIONS

http://www.cheminade2012.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif Former des classes de 15 à 25 personnes maximum et accueillir les enfants dès 2 ans

http://www.cheminade2012.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif Annuler les suppressions de postes, rétablir les postes de Rased et redonner une formation aux futurs maîtres
http://www.cheminade2012.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif Généraliser la pratique du chant choral pour éveiller la sensibilité et l’écoute
http://www.cheminade2012.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif Enseigner l’histoire des grandes découvertes scientifiques et leurs applications techniques, l’astrophysique, la préhistoire
http://www.cheminade2012.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif Repérer les enfants en difficulté dès la maternelle ou le primaire pour les aider et mettre en place pour eux un dispositif spécial  : classe réduite, travaux en petits groupes, tutorat ou suivi personnalisé
http://www.cheminade2012.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif Mettre en place un surveillant pour 50 élèves, recruter 5000 éducateurs spécialisés et ouvrir des internats pédagogiques pour les jeunes ayant une famille disloquée
http://www.cheminade2012.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif Changer progressivement le statut des grandes écoles pour sortir de l’élitisme et des privilèges en favorisant la réflexion épistémologique et la créativité
http://www.cheminade2012.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif Offrir aux étudiants comme aux professeurs du secondaire et des universités la possibilité de faire des stages en entreprise.

LIRE LE PROJET COMPLET SUR CE SUJET

NICOLAS DUPONT-AIGNAN> EDUCATION

DOPER L’ECOLE DE LA REPUBLIQUE

Nicolas Dupont-Aignan—© KENZO TRIBOUILLARD / POOL / AFPEffondrement des candidatures au CAPES, profond malaise des professeurs, jusqu’à 30 % des élèves qui sortent du système éducatif sans véritablement maîtriser les fondamentaux : notre école traverse une crise sans précédent !

Ce constat, conséquence des politiques menées par le PS comme l’UMP, doit nous conduire à une véritable remise en question. L’éducation doit ainsi devenir une des priorités majeures du prochain quinquennat. Le délabrement actuel imposera de commencer par reconstruire les fondations d’un système qui, jadis, a pourtant été un exemple pour le monde !

GARANTIR LES SAVOIRS FONDAMENTAUX

J’augmenterai le nombre d’heures hebdomadaires consacrées au français dans le cycle élémentaire de 10 à 16 h (comme en 1969) et je dédoublerai au maximum les classes de CP pour faciliter l’apprentissage de la lecture et limiter toute prise de retard.

RESTAURER L’AUTORITE DU PROFESSEUR ET DU MAÎTRE DANS SA CLASSE

La perte d’autorité des professeurs et des instituteurs est une des raisons majeures des problèmes actuels. C’est pourquoi je propose de réaffirmer l’autorité du conseil de classe pour les décisions de passage ou d’orientation, en limitant les possibilités d’appel, et de donner le pouvoir à tout professeur de convoquer un conseil de discipline sans avoir besoin de l’aval de l’administration. Chaque élève gravement perturbateur devra pouvoir être exclu d’un établissement et pris en charge dans un environnement spécialisé, à vocation disciplinaire et éducative. 

DES ENSEIGNANTS MIEUX RECOMPENSES

Les coupes arbitraires d’effectifs et la dévalorisation de la condition enseignante ont créé un profond malaise dans un corps enseignant pourtant dévoué.

Il conviendra d’assurer une juste évaluation et valorisation du métier d’enseignant. Je propose donc de mettre fin à la règle du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux pour permettre de recruter plus d’enseignants là où il y en a besoin (notamment du CP au CE2 pour assurer un meilleur apprentissage des fondamentaux). Il faudra également mieux récompenser les enseignants dans les zones difficiles.

En clair, il faudra s’en prendre à la haute administration pédagogiste et responsable de l’échec actuel pour faire confiance aux instituteurs et professeurs qui se battent au quotidien sur le terrain, souvent avec foi et talent.

DEMOCRATISER L’ACCES A L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR

Depuis quelques décennies, nous assistons à une uniformisation de notre système sur le modèle anglo-saxon, avec un renchérissement du coût des études et une stagnation du niveau d’accès d’une génération aux études supérieures autour de 25 % contre 40 à 50 % dans beaucoup d’autres pays.

Je propose donc de poursuivre l’effort budgétaire en faveur de l’enseignement supérieur pour qu’elle atteigne 2 % du PIB en 2017 et rattraper ainsi notre retard en renforçant le partenariat entre écoles, universités et IUT. Cette augmentation des moyens doit permettre un accès plus démocratique à l’enseignement supérieur par des bourses au mérite et la réduction des frais d’inscription. Pour éviter les problèmes d’orientation, je propose également une vraie sélection au mérite à l’entrée de l’université pour les filières qui ont des problèmes de débouchés. L’État devra également garantir la gratuité des concours pour les grandes écoles qui rackettent aujourd’hui les étudiants souhaitant les intégrer.

FRANÇOIS HOLLANDE JE VEUX REMETTRE L’ÉDUCATION ET LA JEUNESSE AU COEUR DE L’ACTION PUBLIQUE

François Hollande—Chesnot/Chamussy/Sipa/Rex Features36. Je créerai en cinq ans 60 000 postes supplémentaires dans l’éducation. Ils couvriront tous les métiers. Je mettrai en place un prérecrutement des enseignants avant la fin de leurs études. Pour tous, je rétablirai une formation initiale digne de ce nom.

37. Je ferai en sorte que les enfants de moins de trois ans puissent être accueillis en maternelle. Je donnerai la priorité à l’acquisition des savoirs fondamentaux et d’un socle commun de compétences et de connaissances. Nous transformerons, avec les enseignants, les méthodes pédagogiques. Les élèves les plus en difficulté bénéficieront d’un accompagnement personnalisé pour que, à la fin du quinquennat, le nombre de jeunes qui sortent sans qualification du système scolaire soit divisé par deux. Je renforcerai et valoriserai les filières d’enseignement professionnel et technologique. Je veux lutter contre la précarité des jeunes. J’offrirai à tout jeune déscolarisé de 16 à 18 ans une solution de formation, d’apprentissage ou un service civique.

38. Dans l’affectation des nouveaux personnels, ma priorité ira aux écoles maternelles et primaires, car c’est là que les premières difficultés se manifestent et que l’échec scolaire se forme, ainsi qu’aux zones en difficulté. Dans l’intérêt de nos enfants, je reverrai les rythmes scolaires, qui n’ont aucun équivalent en Europe.

39. Je réformerai les premiers cycles de l’enseignement supérieur, en décloisonnant les filières à l’université afin d’éviter une spécialisation trop précoce des étudiants, en renforçant les passerelles entre toutes les formations du supérieur, notamment entre universités et grandes écoles. Je réformerai la loi LRU pour garantir une autonomie réelle des établissements, avec des moyens et une gouvernance plus collégiale et démocratique. Je créerai une allocation d’études et de formation sous conditions de ressources dans le cadre d’un parcours d’autonomie. J’encadrerai les stages pour empêcher les abus. Je donnerai une impulsion aux échanges entre universités françaises et étrangères. J’abrogerai la circulaire sur les étudiants étrangers. Je simplifierai l’organisation du financement de la recherche, notamment pour que les chercheurs et les enseignants - chercheurs puissent se consacrer à leurs véritables tâches. J’accélérerai la mise en œuvre des Investissements d’avenir et je veillerai, en favorisant les coopérations et les mises en réseau, à ce que ne se constituent pas de déserts universitaires et scientifiques.

40. Je garantirai pour tous les jeunes, valides ou non, la possibilité de pratiquer le sport dans un club ou une association. Je renforcerai la solidarité de l’économie du secteur professionnel vers le secteur amateur. Je m’appuierai sur le mouvement sportif pour organiser en France de grandes compétitions internationales.

EVA JOLY UNE ECOLE DE L’EMANCIPATION ET DE LA PROMOTION SOCIALE

Eva Joly—© ReutersPour les écologistes, l’éducation doit être au centre de la vie sociale ; elle concerne l’école comme les familles, et plus largement la société toute entière, qu’il s’agisse des relations entre générations, des rôles stéréotypés dévolus aux filles et aux garçons, de l’attitude face aux médias, du lien avec l’entreprise et le monde associatif. Aujourd’hui, l’école fonctionne en France sur des principes de sélection et d’exclusion : certains enfants n’ont même plus accès aux cantines scolaires ! Il faut lui donner la mission de former ensemble tous les jeunes aux fondamentaux d’une citoyenneté planétaire, par une pédagogie coopérative qui implique une réorganisation de l’Éducation nationale. Il faut mettre un terme à la suppression de postes et garantir que les enseignantEs absentEs soient remplacéEs. Il faut rétablir la confiance au sein de la communauté éducative (élèves, enseignants, parents et personnels) pour qu’ils œuvrent ensemble à la réussite de chacune et de chacun.

C’est à Epinay-sur-Seine que j’ai été soutenir des parents qui occupaient l’école de leurs enfants. Leur demande : que les enseignants absents soient remplacés ! Une maman a pris la parole pour exprimer son désarroi. Elle n’était certainement pas habituée à prendre la parole en public, mais elle a su trouver les mots et m’a touchée. Il faut faire confiance à la communauté éducative pour que l’école soit un lieu d’épanouissement. Une société qui sacrifie l’éducation de ses enfants est une société en perdition.

86—Créer l’École Fondamentale, regroupant les enseignements primaire et secondaire pour scolariser les enfants de 6 à 16 ans sans rupture ni sélection. L’enseignement sera organisé dans des unités pédagogiques à taille humaine.

87—Rétablir la formation initiale des enseignants, avec deux années en alternance associant les mouvements pédagogiques et d’éducation populaire. Recruter 20 000 enseignants et cadres éducatifs supplémentaires.

88—Modifier le système d’affectation des enseignants afin de permettre la constitution d’équipes stables, disposant d’une autonomie d’organisation dans le cadre d’un cahier des charges national.

89—Encourager et accompagner les innovations pédagogiques, permettant de mobiliser les élèves, de mettre œuvre des pratiques coopératives, d’inscrire l’école dans son environnement et de favoriser les activités artistiques et culturelles.

90—Substituer à l’hégémonie des notes de nouveaux systèmes d’évaluation (évaluations collectives, unités de valeur) afin de valoriser les réussites, de personnaliser les parcours, et d’assurer le bien-être des élèves. Le dépistage précoce des élèves de même que les évaluations nationales visant à mettre les personnes, les écoles et les établissements en concurrence seront supprimées. Les enseignants construiront des outils d’évaluation adaptés à leur pédagogie à partir d’un cahier des charges national.

MARINE LE PEN > AVENIR DE LA NATION : ECOLE

Marine Lepen—HALEY/SIPAL’école est un service organique de la République. A l’école, se prépare l’avenir de la Nation. Elle instruit le citoyen, capable de penser par lui-même et d’assumer sa liberté. Mais la République a besoin de savants, de techniciens et de cadres. L’école doit donc assurer la sélection des meilleurs par la promotion de tous. L’élitisme républicain, qui repose sur une exigence collective et sur l’effort individuel, est le meilleur levier pour assurer l’égalité des chances. Le laxisme scolaire enferme les plus défavorisés sur le plan culturel et social et permet la reproduction héréditaire des élites. C’est l’objectif inverse qu’il faut viser.

Analyse

L’école va mal, et le quinquennat de Nicolas Sarkozy n’aura fait qu’aggraver la situation : suppression déraisonnable de postes d’enseignants, dans une optique purement comptable et sans vision globale de réorganisation, laxisme face aux violences scolaires en progression continue, dispersion des apprentissages au détriment du français et du calcul, mise à l’arrière-plan de l’histoire de France, pour des raisons essentiellement idéologiques.

Platon a écrit : « Lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter, lorsque les jeunes méprisent les lois parce qu’ils ne reconnaissent plus au dessus d’eux l’autorité de rien ni de personne, alors c’est là en toute beauté et en toute jeunesse le début de la tyrannie. »

Ce qui n’était à l’époque qu’une réflexion philosophique très juste est aujourd’hui devenue réalité dans bon nombre d’établissements scolaires. Depuis une quinzaine d’années, l’insécurité à l’école n’a cessé de progresser, de l’ordre de 10% par an d’après les chiffres officiels. Or la transmission du savoir ne peut s’effectuer ni dans le chaos, ni dans l’anarchie.

L’autre chantier essentiel qu’il nous faut ouvrir rapidement concerne les savoirs. Inutile de le nier : le niveau des élèves baisse d’année en année. Des études confirment ce sentiment partagé par tous et chacun. Le ministère de l’Education nationale a publié en janvier 2009 une étude réalisée en 1987 puis en 2007 auprès de 4000 élèves de CM2. Ses résultats sont sans appel : aussi bien en lecture qu’en calcul ou en orthographe, le niveau a chuté. Quand les élèves faisaient en moyenne 11 fautes à une dictée en 1987, ils en font aujourd’hui 15 sur la même dictée.

La préparation à la citoyenneté est un autre défi. Elle doit être instillée dès l’école maternelle en appelant au respect de la loi et du savoir-vivre ensemble, par une éducation civique élémentaire et par la formation à la morale républicaine.

Pour que le futur citoyen puisse au moins appréhender les termes du débat public et y participer, la priorité doit être donnée à l’apprentissage du français, nécessaire à tout échange. Le français, langue latine s’écrivant dans un alphabet latin, seule la méthode syllabique est appropriée pour apprendre à le lire et à l’écrire correctement. Son enseignement comprend le vocabulaire, l’orthographe, la grammaire et l’approche des grands auteurs.

S’y ajoutent d’une part des notions solides sur l’histoire de France, à partir de la chronologie et de figures symboliques qui se gravent dans les mémoires, d’autre part une connaissance de la géographie du pays, reposant sur des cartes. À l’école primaire, s’ajoute encore l’apprentissage du calcul. Tout au long de la scolarité, les enseignements doivent être délivrés dans une langue limpide, d’où sont bannis les termes jargonnant et les dernières modes qui peuvent agiter légitimement les spécialistes. L’objectif n’est pas un savoir de spécialistes, mais un viatique pour vivre ensemble. Pour utiles qu’elles soient, les technologies de la communication ne sauraient remplacer le contact entre le maître et l’élève.

L’école doit aussi donner au citoyen les moyens de subvenir à ses besoins et à ceux des siens, sachant qu’il changera probablement trois ou quatre fois de métier au cours de sa vie active. Les programmes doivent présenter les fondamentaux de chaque matière dans une perspective d’ouverture.

L’école n’est pas « un lieu de vie » où l’enfant construirait son savoir par lui-même. Depuis 1968, les méthodes pédagogistes ont peu à peu démantelé l’école de la République, bloquant l’ascenseur social et faisant de nos enfants des cobayes livrés à toutes les expériences plus catastrophiques les unes que les autres. Au centre de l’école, doit se trouver la transmission des connaissances, acquises difficilement par l’humanité au cours des siècles. Le maître sait, et n’a pas à être tutoyé par l’élève, qui lui doit respect et obéissance pour apprendre grâce à son effort évalué par la notation. Si félicitations et encouragements sont nécessaires, les sanctions sont tout aussi inévitables.

Positions

L’école sanctuaire, lieu de neutralité

·       A l’école, la laïcité qui est non seulement la neutralité religieuse mais aussi la neutralité politique sera appliquée avec la plus grande fermeté.

·       L’école doit être un sanctuaire, mettant à l’abri des modes et des lubies l’exigence de transmission des savoirs, des connaissances et du goût de l’effort. Les méthodes et l’état d’esprit pédagogistes n’y ont plus leur place.

La valeur centrale de discipline

·       L’école est un lieu à part dans la République, ce n’est pas un simple appendice de la société. Il faut donc en revenir à ce principe simple : à l’école tout le monde n’est pas au même niveau. Le professeur est au-dessus de l’élève. Et le parent d’élève n’est pas le client du professeur. L’accent sera mis sur cette évidence dans la formation des enseignants.

·       La valeur centrale de respect du professeur retrouvera toute sa place à l’école : cela passe par des choses simples : se lever quand le professeur entre en classe, bannir le tutoiement par l’élève de l’enseignant.

·       Les professeurs devront pouvoir s’appuyer sur leur administration et leur hiérarchie dans l’entreprise de rétablissement de leur autorité.

La lutte contre les violences scolaires et les atteintes aux professeurs : tolérance zéro

·       L’insécurité à l’école doit être traitée de la même manière que l’insécurité en général : tolérance zéro. Les établissements les plus dangereux seront équipés de portiques de détection des métaux, même temporairement.

·       Alourdissement des peines pour les personnes coupables d’avoir agressé physiquement ou verbalement un enseignant.

Se centrer sur les savoirs fondamentaux

·       L’accent sera mis dès la maternelle, et plus encore à l’école élémentaire, sur l’apprentissage des savoirs fondamentaux : français, calcul.

·       Augmentation en conséquence du nombre d’heures consacrées à ces matières, qui a sans cesse baissé depuis les années 1970. En 1976, un élève qui sortait du collège avait reçu 2800 heures d’enseignement du français depuis son entrée en CP. En 2004, c’était 2000 heures, soit 800 de moins, l’équivalent de deux ans et demi de cours.

Les parents d’élèves

·       Instauration de cours de français obligatoires pour les parents qui ne maîtrisent pas notre langue nationale, pour inciter les parents à franchir le seuil de l’école et à discuter avec l’équipe éducative de la scolarité de leur enfant.

Méthodes d’enseignement : la fin de l’aventure pédagogiste

·       Fin de l’aventure pédagogiste : la méthode syllabique sera obligatoire en CP, l’histoire sera apprise de façon chronologique tout au long de la scolarité. La géographie sera enseignée sur des cartes, et l’apprentissage de la géographie française obligatoire.

·       L’histoire de France retrouvera sa place au cœur de l’apprentissage

·       Maintien obligatoire de la note

La priorité : le redressement de l’école primaire

·       L’école primaire doit donc être réformée en profondeur. Il faut en particulier revoir le statut de l’école, créer un nouveau type d’établissement public sur le modèle des collèges et lycées.

·       En parallèle, un statut du directeur d’école devra lui donner les moyens d’accomplir complètement ses missions. Une revalorisation de la rémunération et une amélioration du régime de décharge sont indispensables pour pallier les problèmes actuels de recrutement, qui sont préoccupants.

Revalorisation des filières manuelles

·       Suppression progressive sur le quinquennat du collège unique qui a été un terrible échec.

·       Les filières techniques et manuelles seront revalorisées

·       L’apprentissage à 14 ans sera rétabli

·       Maintien du baccalauréat, qui doit retrouver son caractère sélectif : refus de tout contrôle continu : seul l’examen national permet l’égalité.

L’égalité sur les territoires

·       Pas de remise en cause de la décentralisation des collèges et des lycées aux départements et aux régions, qui date de 1984, mais mise en place des mécanismes de péréquation nécessaires à une vraie égalité entre les élèves sur le territoire national.

·       La décision de fermer les petits collèges de moins de 200 élèves à la campagne sera revue. Les méga-structures ne réussissent pas nécessairement. La proximité a des immenses vertus.

·       Le ministère de l’Education nationale devra faire une place toute particulière aux problématiques rurales dans son organisation interne, et les intérêts ruraux seront mieux représentés dans les cabinets ministériels.

Les enseignants au cœur de l’école

·       La politique du « 1 sur 2 » (non remplacement d’un enseignant partant à la retraite sur deux) cessera : l’intégralité des départ à la retraite sera remplacée. Il n’y aura cependant pas de créations de postes supplémentaires, dans un souci de responsabilité budgétaire.

·       Les efforts de réduction d’effectifs seront concentrés sur l’administration centrale du ministère de l’Education nationale

JEAN-LUC MELENCHON > DE LA MATERNELLE A L’UNIVERSITE, PARTAGER LES SAVOIRS

Jean-Luc Mélenchon—ledauphine.fr/archivesNous combattrons la mise en concurrence des établissements et reviendrons sur toutes les mesures qui visent sous couvert d’autonomie à instituer un marché de l’éducation. Nous affirmons la nécessité d’une politique nationale de l’éducation dans une logique de service public, pour une véritable gratuité et égalité d’accès aux savoirs sur tout le territoire. Nous agirons concrètement pour que la production de connaissances et la formation soient libérées de la logique du marché et de la rentabilité financière et permettent l’établissement d’une culture scolaire commune pour tous par l’appropriation de savoirs ambitieux.

Nous construirons une école émancipatrice qui permette l’élévation pour tous du niveau des savoirs acquis et des qualifications reconnues. Pour ce faire, nous allongerons le temps scolaire : droit à la scolarité dès 2 ans, scolarité obligatoire de 3 à 18 ans.

Pour combattre son éclatement, nous reconstruirons une école qui élève pour toutes et pour tous le niveau des connaissances communes et prépare les élèves – par des pédagogies adaptées à chacun – à poursuivre leurs études jusqu’à 18 ans et le plus possible au-delà du lycée. Nous repenserons la progressivité entre les niveaux d’études, tout en conservant le cadre des disciplines.

Nous redéfinirons les programmes, et plus globalement l’école, en prenant comme point de référence l’élève qui n’a que l’école pour apprendre. Le soutien scolaire sera assuré par le service public de l’Éducation nationale.

Nous soutiendrons la relance de la recherche en éducation, le développement de la formation initiale et continue, et la création de temps d’échanges pédagogiques dans les établissements.

Nous lancerons un plan de lutte contre les inégalités sociales à l’école. Nous mettrons en place des observatoires des inégalités rassemblant dans les territoires des élus, des parents, des enseignants, l’ensemble des personnels de l’Éducation nationale et des élèves à partir du collège ainsi que des personnalités associées. Les représentants des personnels constitueront 50 % de ces observatoires. Nous soutiendrons les projets des communautés scolaires qui créent les conditions d’une vie d’établissement contribuant à la réussite des élèves. Nous rétablirons une nouvelle sectorisation scolaire avec plus de moyens pour les établissements qui en ont le plus besoin.

La loi LRU (Libertés et responsabilités des universités)

Adoptée en août 2007, elle organise l’autonomie des universités, avec augmentation des pouvoirs de leur président (élu désormais par le seul conseil d’administration, où la présence du monde économique est renforcée et qui devient le seul conseil non consultatif) notamment sur les affectations et la gestion, et désengagement massif de l’État qui mènera à terme à un système à deux vitesses, celui des « grands pôles » investis par les financements privés, et des petites universités qui, mises face à la nécessité de trouver des sources de financement, devront notamment augmenter les droits d’inscription et supprimer les filières non rentables. Elle s’appuie en amont sur le rapport Hetzel de 2006 : rapprochements avec le privé, politique de « visibilité » et alignement sur les critères du classement de Shanghai (qui ne prennent pas en compte la production du CNRS : 50 % de la recherche française !).

Nous stopperons les suppressions de postes et engagerons un plan de recrutement dans l’Éducation nationale sous statut de la fonction publique d’État rétablissant, notamment, tous les postes supprimés. Nous développerons le prérecrutement des enseignants pour que cette profession reste accessible à tous les milieux sociaux, quel que soit le niveau de recrutement. Nous rétablirons les postes de conseillers d’orientation-psychologues et procéderons à desrecrutements pour que tous les jeunes aient accès au service public d’orientation. Les Réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté (Rased) seront rétablis dans leurs moyens.

L’investissement de l’État dans l’enseignement professionnel sera augmenté de 50 % pour que les enseignements techniques, professionnels et généraux soient d’égale qualité.

Nous garantirons le droit à une qualification égale pour ceux qui ont suivi une même formation : défense du cadre national des diplômes grâce au rétablissement des missions du Cneser, validation de toutes les années d’études dans les conventions collectives.

Pour l’enseignement supérieur et la recherche, nous engagerons rapidement la reconstruction du service public dans ses missions prioritaires, pour l’égal accès au savoir de tous les jeunes, quels que soient leur lieu d’habitation, les revenus et le milieu socioculturel de leur famille, ainsi que pour l’accueil des étudiants étrangers qui le souhaitent dans une vision non marchande de contribution au développement et à la coopération entre les peuples. Nous voulons élargir à toute la société les possibilités d’accès aux formes les plus élaborées du savoir scientifique et permettre à tout(e) étudiant(e) d’aller au bout de ses possibilités, avec le souci permanent de la validation des parcours et des acquis. Parce que « l’électricité n’a pas été découverte en cherchant à améliorer la bougie », la marchandisation du savoir prônée par la stratégie de Lisbonne sera combattue et la coopération entre les services publics de l’enseignement supérieur au niveau européen sera défendue et élargie. La France agira pour soustraire les services publics de recherche et d’enseignement supérieur au champ de négociation de l’OMC. Nous abrogerons la loi LRU et le « Pacte pour la recherche ». La conférence des présidents d’université ne pourra plus se substituer aux instances démocratiques dans la définition des politiques universitaires. Nous supprimerons l’Agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (AERES), qui juge la production scientifique sur des critères de diffusion qui, au final, sont de nature marchande, et ne permettent de juger ni de la qualité d’un article, ni de celle du support qui le reçoit. À la place de ce système libéralisé et autocratique, nous mettrons en chantier une nouvelle loi qui s’appuiera sur les travaux d’Assises de la recherche réunies dès le début du mandat, nous démocratiserons les conseils d’administration des universités et des organismes de recherche. La totalité des personnels, des chercheurs et des enseignantschercheurs pourra intervenir en amont des décisions.

Le CNRS, comme l’Inserm, seront rétablis dans la diversité de leurs disciplines et leur vocation de pôles publics de la recherche, au service de toutes les sciences et dans leurs missions de prospective et d’évaluation ; leurs instances retrouveront la plénitude des missions d’orientation de la recherche fondamentale. Les personnels de la recherche publique verront leur indépendance intellectuelle assurée.

Nous garantirons le droit effectif de tous les enseignants-chercheurs à exercer une activité de recherche. Un nouveau statut du doctorant sera élaboré en étroite collaboration avec les organisations et associations qui les regroupent. Les missions de coopération internationale seront partie intégrante des services des enseignants-chercheurs.

Les travaux des chercheuses et des chercheurs seront évalués par leurs pairs, sur la base de leur travail de recherche et non sur des publications d’articles dans des revues présélectionnées. Cette évaluation sera le fait d’instances majoritairement élues avec la garantie de la représentation de l’éventail des disciplines et de tous les courants de pensée. Le droit de recours sera effectif. Les « labellisations », outils de discrimination, comme les « initiatives d’excellence » (Idex) ou « les laboratoires d’excellence » (Labex), seront abandonnées.

Dans le domaine de la recherche également, la RGPP sera stoppée et un plan de rattrapage de l’emploi sera mis en place au profit exclusif de l’emploi permanent titulaire. Le principe de la progression de la carrière pour chacune et chacun sera rétabli ; nous abandonnerons les primes « au mérite ». L’effort budgétaire public pour l’enseignement supérieur sera porté à 12 000 euros par an et par étudiant(e). Nous doublerons le budget public de la recherche sur la législature. Ainsi, les moyens publics de la recherche seront garantis ; l’apport de contributions privées sur la base de principes d’intérêt général sera possible, sans jamais se substituer au financement budgétaire public. Les fondations, vecteurs d’assujettissement à des financements précaires et opaques, seront abandonnées.

L’état de la culture en France

La culture en France est tristement représentative de l’état général de la fonction publique sous la RGPP : précarisation des agents non titulaires, coupes budgétaires et phagocytage de crédits par des institutions illégitimes (l’heureusement éphémère Conseil de la création artistique), vente (écuries du palais impérial du Rhin à Strasbourg) ou reconversion forcée (Archives nationales, destinées à accueillir la Maison de l’histoire de France) d’édifices de grande importance historique ; partenariats de plus en plus étendus avec le privé et lesmultinationales, comme dans le cas de la numérisation des fonds de la Bibliothèque nationale de France par Google…

Les financements de la recherche seront réorientés pour permettre le financement stable et récurrent des laboratoires et des équipes à hauteur de 70 % au moins. Les subventions « sur projet », qui sont celles principalement allouées aujourd’hui par l’Agence nationale de la recherche, deviendront complémentaires. L’ANR sera transformée en FPSE (Fonds public de soutien aux projets émergents) et interviendra exclusivement sur les projets « blancs », émergents, non déjà pris en compte par ailleurs.

PHILIPPE POUTOU NOS SERVICES PUBLICS NE SONT PAS A  VENDRE !

Philippe Poutou—AFPDroit à l’éducation

De la maternelle à l’université, les dernières  réformes ont  comme objectif de casser les garanties collectives ; réduire la qualité de l’éducation par les suppressions de postes dans le public ; remettre en cause le statut des fonctionnaires.

Les diplômes sont d’ailleurs de plus en plus liés à des entreprises ou des métiers très précis, ce qui restreint les possibilités de faire valoir son diplôme sur le marché du travail.

·       Nous voulons donc l’abrogation des réformes LMD, LRU, de la loi Fillon de 2005, de la masterisation des concours et l’arrêt des suppressions de postes.

·       Il faut faire exactement l’inverse. L’éducation doit être gratuite de la maternelle à l’université, offrir des diplômes de qualité avec une valeur nationale. Il faut embaucher 150 000 enseignants.

·        L’éducation doit être émancipatrice : les élèves ne doivent pas être cantonnés à des compétences séparées les unes des autres mais apprendre  à penser de manière autonome. Les programmes doivent être refondus à tous les niveaux sous le contrôle croisé des enseignants, des parents et des élèves.

·       Les stages doivent être rémunérés à hauteur du SMIC.

·       De même, la recherche ne doit pas être adaptée aux besoins immédiats des entreprises. Ce serait la mort de la recherche fondamentale et, de plus, ce n’est pas au public de payer pour le privé !

·       […] les suppressions de postes et les déréglementations dans l’éducation sont centrales dans les plans d’austérité. Dans les lycées, on ne compte plus les classes à plus de 35 voire 40 élèves, les fermetures de filières ou d’options… Une quinzaine d’universités ont annoncé leur faillite budgétaire. La faute à une autonomie qui les met en concurrence, les oblige à fusionner, à mutualiser leurs moyens et va faire fermer les plus petites

·       […] Il faut des moyens pour l’éducation et l’enseignement supérieur, créer des postes à hauteur des besoins, garantir des diplômes nationaux et de qualité.

NICOLAS SARKOZY > PROPOSITIONS DE NICOLAS SARKOZY POUR UNE FRANCE FORTE

Nicolas Sarkozy—AFP9.  Généraliser l’alternance en dernière année de baccalauréat professionnel et de CAP, année au cours de laquelle les élèves passeront 50% de leur temps en entreprise.

17. Ne plus accepter qu’un seul enfant rentre au collège sans savoir lire, écrire et compter, en prenant systématiquement en charge les élèves de maternelle ou de CP en grande difficulté.

18. Au collège, accroître la présence des professeurs en dehors des heures de cours pour soutenir les élèves qui en ont besoin, en contrepartie d’une augmentation de leur rémunération.

29.Renforcer l’accueil des étudiants handicapés au lycée et dans les universités.

______________________________________________________________

Photos : Nathalie Arthaud—© MARTIN BUREAU / AFP ; François Bayrou—REUTERS/GONZALO FUENTES ; Jacques Cheminade—REUTERS/Pascal Parrot ; Nicolas Dupont-Aignan—© KENZO TRIBOUILLARD / POOL / AFP ; François Hollande—Chesnot/Chamussy/Sipa/Rex Features ; Eva Joly—© Reuters ; Marine Lepen—HALEY/SIPA ; Jean-Luc Mélenchon—ledauphine.fr/archives ; Philippe Poutou—AFP ; Nicolas Sarkozy—AFP

 



Petites pépites–traduction anglaise du Socle et de LPC

9 04 2012

Je vous ai déniché les traductions anglaises du Socle commun de connaissances et de compétences (Common Base of Knowledge and Skills, traduction par le Scérén/ CNDP) et du Livret Personnel de Compétences (Individual Skills Assessment, ce LPC est traduit par l’Ecole bilingue de Berkeley, CA - USA ).

common-base.jpglpc.jpg

Quel intérêt ? C’est un pas de plus vers davantage de “tout-anglais” dans la salle de classe. Cette version du Livret Personnel de Compétences offre l’avantage d’être bilingue. Ci-après, j’ai extrait dans le livret la Compétence 2–Pratique une langue vivante étrangère pour le Palier 2 à l’école primaire (niveau A1 du CECRL) et pour le Palier 3 au collège (niveau A2 du CECRL).

level-2.jpglevel-3.jpg

On peut imaginer de distribuer ces grilles en début d’année scolaire et de les faire coller dans le cahier d’anglais–ces grilles ont l’avantage d’être beaucoup plus claires que les grilles que l’on peut trouver dans le CECRL.

Common-Base-of-Knowledge-and-Skills (brochure).pdf

Individual-Skills-Assessment-Booklet (LPC).pdf

Common base-level 2/Skill 2-A1.pdf

Common base-level 3/Skill 2-A2.pdf



Enseigner l’anglais en Argentine—le regard de Graciana Lupari, future profresseure d’anglais

30 03 2012

argentina.jpgMy name is Graciana Lupari. I’m 22. I’m studying to be a teacher at Universidad Nacional de Cuyo in Mendoza, Argentina.  During their English studies, future teachers have to take core subjects: grammar, phonetics, phonology and language. We have a total of 4 years and a semester to graduate. We’re fully prepared with theory but there’s a gap between theory and practice. Teachers who prepare future teachers at university are said to be preparing them for perfect classes, which don’t really exist. I’m about to become a teacher, I’m going to start tomorrow a bridging course and then I’ll teach 10 classes and I’ll be assessed on that. I started teaching when I was 17. First, some substitutions and then courses at a private institution; however, that doesn’t fulfill me, you know? I need to teach at a public school to feel complete, professionally speaking.

Here, if you work at a public school, a state school, then you can’t be fired. If you work at a private institution, however, they can fire you indeed. We generally teach English to classes of around 30 students, sometimes 35 or so. In Argentina, French and English are obligatory. In some schools, you can choose one of the two; in some others, you have both; in still others, you just have one. You always have to have one foreign language to learn. We generally have this in secondary schools, not in primary schools. When you do have languages in a primary school, it’s because either it’s a private or bilingual institution, or both. If it’s a bilingual school, then it generally tends to be a private school.

Students learn English in their last 5 years of high school or so (starting between ages 14 or 15), but it all depends on the school they go to. In private schools, students might have more years. The grammar syllabus is not “used” nationwide: each province has its own way of dealing with English teaching. I can’t really tell you whether or not we all use the same syllabus. I’d like to think we don’t. I don’t think there’s an official name for the “method” we use. It’s very complicated to find a standard among English teachers. There’s no way of saying whether teachers adjust completely to the syllabus or if they try to actually combine it with their students’ needs.

Here, in Argentina, we have a problem with the application of English teaching in class, I’d say. Having a grammar syllabus leaves little, if no room, for communication. Of course, you can change this when teaching; I mean, you can if you just don’t center your tasks and activities around grammar and you use grammar to teach students how to communicate, but that seldom happens.

I’ve had traditional teachers who have just followed their textbooks and the grammar syllabus (if any). They didn’t make sure students learn enough English to be able to communicate at least at school. There’s a lot of Spanish during classes and teachers either give up trying to make them speak English or they never stop students from speaking Spanish. Generally, students get to “see” (not even learn) tenses up to the present perfect and that’s it. That’s all the teaching you get out of public schools.

Private schools are the same. You have the same teachers. I can work in a public school or in a private one; the former schools are generally believed to be better just because you pay for them. It’s wrong though, because the only difference is the resources you have at hand, but that’s it! Good and bad teachers are everywhere. There’s no attention whatsoever to the 4 skills (speaking, listening, writing, reading). Students might get to do some listening but that’s it. In bilingual schools, you do get good English, but it all depends on the school and again on the teacher.



Préparation de la rentrée 2012–Orientations et instructions pour les LV

29 03 2012

Les “Orientations et instructions pour la préparation de la rentrée 2012” sont parues au Bulletin Officiel du 27 mars.

Ci-dessous, j’ai rassemblé les extraits concernant les langues vivantes :

sans-titre.jpg

rentree-2012-lv.pdf

 



TEMOIGNAGE–L’exemple de Manon, élève “multidys”

18 03 2012

[Il y a quelque temps Elise m’a contacté grâce à la page i-help pour me parler de l’apprentissage de l’anglais par sa fille Manon, élève « multidys ». Elle écrivait : « Je ne sais pas si les profs savent pourquoi les enfants dys sont déjà fatigués le matin en arrivant en cours ; pourquoi ils fatiguent…». J’ai proposé à Elise de décrire les stratégies que Manon met en place pour pallier ses handicaps d’apprentissage. Voici le témoignage d’Elise, sa maman.]

Manon est une jeune adolescente de 13 ans. Elle poursuit une scolarité « normale » en classe de 5ème, sa scolarité n’est pas toujours simple : l’année dernière, Manon a été collée par une prof parce qu’elle n’était pas capable de réciter sa leçon.  Manon est « multidys » : dyslexie mixte sévère, dyspraxie, trouble déficitaire de l’attention, etc.). Elle a été diagnostiquée tardivement : elle était en CM1. Voyant ses difficultés et une fois le diagnostic posé, j’ai adapté les cours à la façon qu’a Manon de pouvoir les comprendre.

Un « dys » ne comprend rien en lisant, en écrivant : le déchiffrage lui prend un temps fou et arrivé au bout de la ligne, il ne se souvient plus du début de la phrase. Par contre, une fois que l’on sait si l’enfant est plus « visuel », « auditif », on peut contourner sa difficulté d’apprentissage, et le « former » à apprendre autrement. Voici deux exemples qui concernent l’anglais.

1. Apprendre l’heure…

La méthode traditionnelle pour apprendre l’heure ne convient pas à Manon : cela ne l’aide pas d’avoir un schéma avec plusieurs horloges et les aiguilles positionnées à différentes heures ; ni de voir l’horloge partagée en 2 avec 1 couleur pour past et 1 couleur pour to.

clock-practice-t.png        past-to.jpeg

Je dois aider Manon à se créer une « carte mentale » (aussi appelée « carte heuristique » ou mind map) qui lui permettra, par association de sens, de comprendre comment cela fonctionne.

mind-map-2.jpg

On trouve des ressources utiles à la création de « cartes mentales » sur le site  http://www.my-teacher.fr/ , site dont le but est de permettre d’« Apprendre l’anglais par l’image et le jeu ».

Par exemple, si je veux que Manon comprenne que « avec PAST, on ajoute », je créerai le moyen mnémotechnique : la lettre initiale de PAST se trouve aussi dans le mot PLUS. Il s’agit de donner une « clé » pour que Manon se souvienne qu’avec « PAST, on ajoute». La mémorisation de TO se fait par défaut après avoir mémorisé le « sens » de PAST.  TO, c’est l’opposé de PAST ; « avec TO, il manque ». Le plus difficile est donc de trouver la bonne « clé » qui permettra à Manon de comprendre et de mémoriser efficacement ! J’ai entraîné Manon à se créer ses propres cartes mentales et, maintenant, toute seule, elle arrive à trouver le bon « truc » qui l’aidera à mémoriser efficacement.

2. Apprendre une poésie…

Parce que Manon est dys, elle ne parvient pas à s’impliquer dans la lecture d’un poème. Par contre, elle a beaucoup plus de facilité à comprendre le texte en l’entendant. Cela devient plus facile de le mémoriser et de le répéter. Récemment, Manon a dû apprendre le poème « Tea with the dragon ». Il lui a fallu une semaine pour le dire correctement grâce à un enregistrement que j’ai trouvé sur le net (fichier son). Pour cela, Manon l’a écouté en boucle. Elle était très motivée par le fait qu’avec cet enregistrement, elle pouvait à son rythme revenir en arrière, « imiter » la façon de parler, etc. Généralement, il faut que je trouve l’enregistrement et que je l’illustre avec des pictogrammes : Manon voit le texte, des images et entend le son ! L’idée, c’est que Manon parvienne à vivre le texte. A chaque fois, il faut donner à Manon l’envie d’apprendre et lui faire voir que ça peut être agréable.  Et elle y arrive, je vous assure. Tout cela est encourageant ! L’an passé en 6ème, Manon n’arrivait pas encore à écrire une leçon ou à noter les devoirs. Cette année, elle a eu les félicitations du conseil de classe au 1er trimestre avec une moyenne de plus de 14.

Alors que Manon était en vacances, elle a été confrontée à un environnement non francophone. Le seul moyen que Manon a trouvé pour jouer avec une copine italienne a été de lui parler en anglais. Manon se souvient encore de ces super vacances qu’elles ont pu passer ensemble.

Pour contacter Elise ou Manon, veuillez me contacter à l’adresse : i-teach-english @ laposte.net



Le cahier de textes de la classe–comment le remplir ?

9 03 2012

Avant toute chose, sachez que tous les établissements du primaire et secondaire sont normalement passés au cahier de textes numérique depuis la rentrée 2011. Je dis bien “normalement” car, perso, je dois encore remplir la version dite “papier.” Durant mon année de stage en lycée, j’avais accès à l’ENT (environnement numérique de travail). A la fin de l’heure, quand je pensais à le faire, je notais dans mon propre cahier de textes les devoirs donnés aux élèves et je les reportais sur le cahier de textes numérique. Quand j’avais oublié de les noter, commençait un long travail de remémoration et de visualisation du tableau pour me souvenir des devoirs donnés. Désorganisation du débutant… Inutile de dire que je n’ai pas reçu de formation sur la manière de remplir le cahier de textes. J’avais entendu dire que j’étais obligé de le faire (”un document officiel, à valeur juridique”), car c’était un moyen de voir si j’avais fait cours. Bref, je le remplissais plus de peur qu’on ne me reproche de ne pas avoir fait cours que dans l’intérêt des élèves. J’avais deux classes quand j’étais stagiaire…

Puis, je suis arrivé au collège lors de ma titularisation et j’ai eu 6 classes. Avant même la rentrée, j’ai réfléchi à la manière la plus efficace (en l’absence d’ENT) de remplir les cahiers de textes de 6 classes, et de le faire pour que cela ait une utilité pour les élèves. “Utile pour les élèves” signifie “rempli quotidiennement pour connaître les devoirs à faire en cas d’absence.” Peu importe la probabilité qu’un élève consulte effectivement l’un de ces cahiers de textes… Si cela devait se produire, ils sont complets ! A dire vrai, je trouvais assez ridicule l’idée d’attendre les vacances scolaires pour les remplir tous d’un coup (parce qu’on sait qu’ils vont être visés et signés par le Chef d’établissement). Je trouvais pire (et pourtant Dieu sait que mon père fut un modèle de rigueur et de professionnalisme…) de le remplir en cas d’inspection.

Il fallait donc que je trouve LA solution efficace. Plutôt que de remplir le cahier après le cours, il fallait que les devoirs soient prêts avant. J’ai eu l’idée (mais je ne suis pas le seul sur terre, je sais…) de préparer des fichiers-texte correspondant à chaque jour de la semaine.

new-hw.jpg Cliquer pour agrandir. 

Si j’ouvre le fichier “lundi” (oui, je travaille pas le jeudi…voir article sur l’emploi du temps), je trouve le détail de la journée :

detail-hw.jpg Cliquer pour agrandir. 

Je dois à une collègue de lettres la répartition:  Objectifs/Supports/Devoirs. Petites astuces : dans la partie homework, on utilise “savoir” (le résultat) plutôt que “apprendre” (le processus). Il est également intéressant de “minuter” les devoirs pour que les élèves aient une notion claire du temps à y passer.

Efficacité ? A la fin de l’heure, le découpage et le collage des devoirs dans le cahier de textes prenaient autant de temps que si je les avais écrits à la main …du coup, j’ai intégré cette étape dans le classroom English, laquelle étape fait partie du rituel de début d’heure : Can I stick the homework in the class diary? Une collègue d’espagnol a eu l’idée non moins ingénieuse d’imprimer les devoirs sur des fiches auto-collantes !

Vous avez dit pédagogie ? J’ai également intégré une nouvelle étape à la fin de l’heure : les élèves réfléchissent et me dictent (sauf celui qui a collé les devoirs au début de l’heure) les devoirs à faire pour la fois suivante (en principe, en fonction des activités menées pendant le cours, ils savent ce qu’il y aura à faire) et ils proposent un “minutage”. Les élèves sont entraînés à l’autonomie et à être actifs dans leur apprentissage ! C’est pas beau, ça ?

Chose que je ne fais pas encore mais qui ne saurait tarder, coller “les textes des devoirs et des contrôles” dans le cahier de textes. L’expression “cahier de textes” ne viendrait-elle d’ailleurs pas de là : un cahier où l’on retrouve les textes étudiés ? Epiphanie…

Voir le détail de la manière officielle de remplir le cahier de textes numérique (et “papier”) :

cahier-de-textes.jpg



L’emploi du temps–confectionné pour l’élève ?

8 03 2012

Dans son rapport édifiant intitulé L’éducation nationale face à l’objectif de la réussite de tous les élèves, la Cour des comptes explique comment fonctionne l’un des logiciels de confection des emplois du temps utilisés par les chefs d’établissement. Intéressant, car très détaillé dans l’explication.

En tant que prof, je n’ai rien appris en lisant que les emplois du temps prennent en compte surtout les voeux formulés par les enseignants. Cela fait deux ans que j’ai mon jeudi libéré (complètement) parce que je l’avais demandé. Cette année par exemple, mon “jeudi dégagé” affecte potentiellement l’emploi du temps de…134 élèves que j’ai. Par exemple, les élèves de SEGPA de 6ème vont au collège lundi-mardi-jeudi-vendredi et ont 4 heures d’anglais. Or, je ne travaille pas le jeudi. Ils ont donc deux heures d’anglais de vendredi, alors qu’ils pourraient avoir 1 heure sur chaque journée de leur semaine. Serai-je militant au point de ne plus formuler de voeux…? A suivre…

Consulter cet extrait du rapport de la Cour des comptes : Confection des Edt.pdf

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L’Anglais pour les “dys”(suite)–le baccalauréat

6 03 2012

Cet article fait suite au précédant article intitulé L’Anglais pour les dyslexiques–une piste à explorer.

Un nouvel arrêté paru au Journal Officiel fixe la dispense totale ou partielle aux épreuves de langues vivantes étrangères pour les canditats “présentant une déficience auditive, une déficience du langage écrit, une déficience du langage oral, une déficience de la parole, une déficience de l’automatisation du langage écrit, une déficience visuelle” (J.O.R.F)

Pour plus de détails, veuillez consulter l’Arrêté du 15 février 2012.pdf

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Le bulletin scolaire–un acte pédagogique

23 02 2012

En classe de 3ème, au 2ème trimestre, j’avais 06/20 de moyenne en anglais et telle était l’appréciation : “Des difficultés et des lacunes. Doit se ressaisir !” Autant dire qu’une telle appréciation ne donne pas vraiment de perspective et exigeait de moi que je trouve seul comment me ressaisir ! A la décharge de ma prof d’anglais de 3ème, il devait être laborieux de remplir à la main la version-papier des bulletins scolaires : obligation de le faire en salle des professeurs pour ne pas empêcher les autres professeurs de les remplir, écrire tout petit pour ne pas déborder de l’espace alloué…bref, rien en faveur d’appréciations détaillées et pédagogiques.

Plusieurs années plus tard, c’est-à-dire aujourd’hui (après une révolution technologique), j’ai rempli les bulletins scolaires de 6 classes et tirant profit des 300 caractères à ma disposition…J’ai essayé une nouvelle technique : diviser l’appréciation en deux avec des entrées explicites BILAN et OBJECTIF. C’est  assez contraignant, mais je pense que, du coup, c’est plus cohérent et utile pour l’élève (autant celui qui galère que celui qui excelle). Par exemple :

Bilan: R. obtient à nouveau d’excellents résultats et dynamise la classe d’anglais. Il faudra absolument continuer ainsi. Félicitations ! Objectif: Maintenir les efforts et ne pas hésiter à faire de l’anglais de manière autonome en dehors de la classe.

ou :

Bilan: Les résultats sont corrects dans l’ensemble, mais L. n’est pas assez actif dans son apprentissage. Sa participation en classe manque de volonté. Il est capable d’atteindre un niveau plus élevé. Objectif: Participer davantage, travailler rigoureusement et surtout viser plus haut !

Figurez-vous qu’il existe une circurlaire sur la manière de remplir les bulletins !
A consulter : Circulaire présentation/contenu du bulletin (1999).pdf

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L’Anglais pour les dyslexiques–une piste à explorer

21 02 2012

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Un outil intéressant, car peu d’ouvrages sont consacrés à l’apprentissage de l’anglais LV par les élèves dyslexiques.  Pour être honnête et pour l’avoir lu dans son intégralité, on peut douter de l’efficacité de certains choix que l’auteur présente comme étant une “méthode” en soi : par exemple, le code couleur grammatical est complexe au point que l’on est en droit de se demander si même des élèves ne présentant aucun trouble de l’apprentissage n’auraient pas des difficultés à se l’approprier (en tout cas, dans le contexte de l’enseignement en groupe-classe). Par exemple, d’un point de vue linguistique (hard-core), on peut comprendre qu’un adjectif et un participe passé partagent certains traits fonctionnels, mais de là à choisir la même couleur pour les deux… En tout état de cause, il s’agit clairement d’un a priori de ma part ; seule l’utilisation avec des élèves de cette méthode permettra de la valider ou non. L’auteur accorde une large place à l’utilisation de l’alphabet phonétique international comme outil d’entrée dans l’apprentissage de l’anglais, et l’on ne peut que s’en réjouir !

Je trouve très suspecte la mention figurant sur le site de l’auteur : “Le TOME 2 « L’anglais pour les dyslexiques » ne peut être ni LU ni VENDU séparément du tome 1.” On se sent un peu poussé à la consommation : peut-être les réserves que j’ai émises plus haut sur certains choix seraient-elles levées en lisant le TOME 1 ; cela dit, en lisant seulement le TOME 2, je n’ai pas eu l’impression d’être perdu dans cette “méthode.” Je m’engage toutefois à lire le TOME 1 sous les meilleurs délais et à rectifier cet article le cas échéant.

Résumé de l’auteur :

“L’anglais pour les dyslexiques est une méthodologie qui présente l’apprentissage de l’anglais comme faisant partie du domaine du possible et du réalisable pour les élèves en difficulté scolaire, en particulier les dyslexiques.
Après avoir exploré les troubles de différenciation auditive et visuelle, les troubles d’orientation dans l’espace et le temps, ainsi que ceux de mémorisation, l’auteur nous oriente sur des pistes de travail concrètes et faciles à mettre en place.
Ce livre est une sorte de « boîte à outils ». Il donne la priorité aux supports d’entrées sensorielles et permet aux dyslexiques de donner du sens à ce qu’ils apprennent en langue anglaise.
Le lecteur trouve ici une méthode détaillée pour l’acquisition de la phonétique, base de départ de l’apprentissage des sons de la langue anglaise. Des points de grammaire épineux sont traités à l’aide de moyens mnémotechniques et avec un apport de gestion mentale.
En se référant aux notions de base exposées dans le tome 1 « La dyslexie, prise en charge à l’école et à la maison », parents, professeurs ou accompagnants favorisent l’acquisition de cette langue en parallèle avec le développement de l’autonomie.
L’anglais pour les dyslexiques ? C’est possible !”

GOLLIET, Odile (2011). L’Anglais pour les dyslexiques. (Lyon ?) : Dys-Coaching






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